Chroniques

Vivre en bon ménardien

Photo Denis Gauthier

Par Denis Gauthier

Chroniques

10 juin 2026

Denis Gauthier avec père Eusèbe Ménard

à Villa La Paz, au Pérou. Photo des archives.

Le 15 août 2025, à Villa La Paz, au Pérou, nous avons célébré le vingt-cinquième anniversaire de l’élévation officielle de la Société des Missionnaires des Saints-Apôtres au rang de communauté de droit pontifical. En ce jour particulièrement significatif, les pères Luis Antonio Luna Barrera, M.S.A., et Benjamin Ébodé Onambélé, M.S.A., respectivement animateur et secrétaire, ont officiellement reconnu, au nom du Conseil général, mon appartenance aux Missionnaires des Saints-Apôtres.

Ainsi, c’est surtout mon identité ménardienne qui a été reconnue. Vivre en ménardien est une voie proposée par les fondateurs des Missionnaires des Saints-Apôtres, le père Eusèbe Ménard et Hector Durand, afin de suivre les traces de Jésus et d’accomplir fidèlement sa Volonté. Avec le soutien indispensable de Marie, nous sommes ainsi aidés à demeurer sur le bon chemin et à participer pleinement au royaume de Dieu.

Les ménardiens se définissent comme un groupe de prêtres et de laïcs qui, conscients de la force immense que leur apporte leur foi en le Christ, désirent d’autant plus en faire bénéficier leurs frères et sœurs. À cet effet, le Père Eusèbe Ménard affirmait d’ailleurs : «grâce à notre ouverture au travail de l’Esprit, nous cherchons à découvrir la manière dont le Christ voudrait vivre aujourd’hui en nous et dans le monde. En essayant de réaliser cela au plus profond de notre être, nous permettrons au Christ de transformer lentement et progressivement notre vie. Et c’est uniquement par cette transformation que nous contribuerons au renouvellement du monde.[1]»

C’est dans ce but que les Missionnaires des Saints-Apôtres recrutent et forment des leaders spirituels, prêtres ou laïcs, afin que ces derniers parcourent le monde pour contribuer à la construction du Royaume de Dieu, en mettant leurs talents et leurs dons reçus de celui-ci au service des autres.

Dix ans avant le Concile Vatican II, les co-fondateurs de la Société des Missionnaires des Saints-Apôtres, le père Ménard et Hector Durand, ont décidé des responsabilités de ceux qui contribueraient à l’œuvre ménardienne : les prêtres seraient responsables du ministère, les laïcs de l’administration des biens, et l’œuvre de bienfaisance en serait la propriétaire. Le tout devrait continuellement s’accomplir avec un esprit de pauvreté, car, devant Dieu, seuls les cœurs assumant leur faiblesse et leur humilité peuvent vraiment accueillir sa lumière : «Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux», écrit Matthieu. (Mt 5,3)

Et ce chemin de pauvreté, c’est Dieu lui-même qui l’a d’abord choisi : «Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis», peut-on lire dans la deuxième épître aux Corinthiens (2 Co 8, 9).

Pour le pape François, comme chez le père Ménard, le pauvre n’est pas miséreux. C’est un mendiant qui place sur un même plan l’humilité et l’élévation, grâce divine et générosité de l’entourage. Dans la même perspective, saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, reprenait les paroles de l’évangéliste Luc en rappelant que «les pauvres sont les préférés de Dieu, parce que Dieu est juste » : il est celui qui « élève les humbles» (Lc 1,52) et qui «comble de biens les affamés» (Lc 1,53).

C’est dans cet esprit de confiance en Dieu et en mon entourage que j’ai grandi. Toute mon enfance, je l’ai perçu chez mes parents. Ils nous promettaient, à nous tous sans exception – les sept enfants –, de bien nous nourrir physiquement, spirituellement, intellectuellement et religieusement.

Pour le reste, tout était partagé avec ceux ou celles qui étaient dans le besoin.

Comme le disait le pape François, «c’est à travers une chaine ininterrompue de témoignages que le visage de Jésus provient jusqu’à nous.[2]» La foi se transmet «par contacts, de personne en personne, comme une flamme s’allume en frôlant une autre flamme.[3]»

 

Notes :

 

[1] MÉNARD, Eusèbe, Orientaciones para la vida conforme al Evangelio, Pérou.

[2] Pape François, La lumière de la foi (encyclique Lumen fidei), Montréal, Novalis, 2013.

[3] Pape François, Tous frères (Fratelli tutti), Paris, Artège, 2020.

 

À PROPOS DE DENIS GAUTHIER

Ménardien, homme d’affaires, ex-jésuite et de descendance amérindienne, héritage dont il est particulièrement fier, Denis est un univers en soi. Un univers qu’il arpente patiemment et résolument, y semant projets mobilisateurs et fidèles amitiés. Amoureux de la nature, passionné par les humains, il sait convaincre et excelle dans l’art de s’entourer de personnes motivées et créatives qui sauront l’épauler et le suivre.

 

Les opinions exprimées dans les textes sont celles des auteurs. Elles ne prétendent pas refléter les opinions de la Fondation Père-Ménard. Tous les textes publiés sont protégés par le droit d’auteur.

 

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