Crédit photo : Miriam Castro
La Fundacaex, un organisme à but non lucratif, accueille en moyenne soixante-dix enfants du lundi au vendredi dans leurs locaux situés à Bogota, en Colombie. Sur place, les jeunes peuvent manger un dîner nutritif, composé d’une entrée, d’un plat principal et de fruits, ainsi que d’une collation l’après-midi, tout en ayant l’opportunité de faire leurs devoirs dans un environnement propice à l’apprentissage.
L’histoire de la Fundacaex (Fondation Maison de Soutien en Excellence) a commencé en 2003. Mme Amanda Mancera, sœur du père Martin Mancera, M.S.A., voyait régulièrement des enfants aux feux de circulation et sur les ponts de la capitale colombienne, vendant des bonbons ou quémandant de l’argent. Elle a partagé son inquiétude avec quatre amis. Que faire pour offrir à ces enfants non seulement un meilleur présent, mais aussi un avenir prometteur?
Pour briser le cycle vicieux de la pauvreté, il est essentiel d’offrir aux enfants les moyens de se développer et d’accéder à l’éducation. Les membres du groupe ont ainsi conclu qu’un enfant doit être bien nourri pour pouvoir apprendre. C’est pourquoi ils ont commencé à solliciter le voisinage pour obtenir des assiettes, des couverts, des casseroles, bref, tout le nécessaire pour mettre en place une cuisine afin de préparer des repas en grande quantité. La réponse des voisins a été extrêmement positive, ce qui a renforcé leur détermination à poursuivre ce projet.
Ensuite, le groupe a décidé de fonder la Fundacaex, un OBNL dont la mission est de soutenir les enfants, les jeunes et les adultes issus des familles très vulnérables. Son objectif est d’améliorer la qualité de vie de ces gens par le biais de l’alimentation et du soutien éducatif, pour atteindre un niveau d’excellence individuelle.
Les services offerts
Pour pouvoir profiter des services de la Fundacaex, les enfants doivent être inscrits et assister régulièrement à l’école primaire ou secondaire. La majorité des parents des jeunes qui fréquentent le centre travaillent comme marchands ambulants. Ils n’ont donc ni le temps ni l’argent nécessaire pour assurer une prise en charge adéquate de leurs enfants tout au long de la journée.
Le centre a créé un service de cantine communautaire qui accueille actuellement 74 enfants scolarisés. Un enfant bien nourri et rassasié a de meilleures chances de réussir à l’école. Pour certains d’entre eux, le repas servi dans le centre sera le seul de la journée. Lors de ma visite à la Fundacaex en août 2024, on prenait une photo des enfants avec l’équipe de travail. D’autres enfants devaient arriver pour qu’on puisse commencer. Soudainement, l’un d’eux s’est évanoui parce qu’il n’avait rien mangé la veille ni le matin.
Après le dîner, les enfants peuvent rester au centre pour faire leurs devoirs scolaires. Le centre comporte une petite bibliothèque et deux ordinateurs de bureau. Sans surveillance, les enfants errent dans les rues et constituent une cible privilégiée pour les bandes criminelles cherchant à recruter de nouveaux membres pour la vente de drogues ou pour commettre des vols. Grâce au centre, ils bénéficient d’un espace sécurisant qui les éloigne de ces dangers.
Des ateliers sont organisés à l’intention des enfants et des parents, abordant des sujets variés et à caractère préventif. Parmi les thèmes traités figurent les dangers de la drogue et de l’alcool, la violence au sein de la famille et à l’école et le décrochage scolaire, pour en nommer quelques-uns.
Acteurs du changement
À plusieurs reprises, la Fundacaex a failli fermer, faute de ressources. C’est la détermination des enfants à changer leur réalité qui a poussé l’organisme à continuer; des enfants comme Laura Katerine, qui, dès son plus jeune âge, vendait des friandises dans la rue pour aider sa famille. Elle fut l’une des premières filles à fréquenter le centre. Les responsables de ce dernier l’ont encouragée à aller régulièrement à l’école. En décembre 2024, grâce à sa persévérance et son travail, elle a obtenu son diplôme en psychologie.
Durant la pandémie du coronavirus, plusieurs bienfaiteurs du centre sont tombés malades ou ont vu diminuer leurs ressources financières. La crise économique mondiale et le taux d’inflation du pays privent le centre de dons, car les gens n’ont pas beaucoup d’argent. De plus, la Fundacaex ne reçoit pas de subventions de la part du gouvernement colombien. C’est pourquoi elle a demandé de l’aide à la Fondation Père-Ménard pour pouvoir poursuivre leur mission de soutien aux enfants pauvres qui vivent à Bogota.
«Si vous ne pouvez pas nourrir cent personnes, nourrissez-en une seule», disait mère Teresa. Grâce à vos dons, des enfants pourront manger à leur faim après l’école. Nourris et réconfortés, ils repartiront vers leur avenir, un avenir porteur d’espoir et de nouvelles possibilités.
À PROPOS DE MIRIAM CASTRO
Passionnée des voyages et des nouvelles cultures, Miriam décide de s’établir au Québec et obtient une maîtrise en communication à l’UQAM, tout en travaillant comme directrice générale de la Fondation Père-Ménard. Lorsqu’elle n’est pas en train de courir pour faire sa méditation en mouvement, elle lit, regarde des séries ou partage un bon repas avec les gens qu’elle aime.
Les opinions exprimées dans les textes sont celles des auteurs. Elles ne prétendent pas refléter les opinions de la Fondation Père-Ménard. Tous les textes publiés sont protégés par le droit d’auteur.




