Façade de l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours. Crédit photo : Miriam Castro
J’ai découvert cette église lors d’un concert de musique chorale présenté dans le cadre de la Nuit Blanche du février dernier, à Montréal. Après plus de vingt ans à habiter la métropole, c’était pourtant la première fois que je franchissais les portes rouges de cette église, qui m’a profondément émerveillée par sa beauté sereine et par le témoignage vivant qu’elle offre de l’histoire fascinante du Montréal d’autrefois.
Symbole du Vieux-Montréal et de son passé, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours a encore des échos dans la culture montréalaise, jusque dans la musique de Léonard Cohen, qui y fait d’ailleurs référence dans sa célèbre chanson «Suzanne », parue en 1966. La statue de Marie, que le chanteur surnomme « la Dame du port », trône au sommet de la chapelle et déploie ses bras en direction du fleuve Saint-Laurent :
And the sun pours down like honey on our Lady of the Harbor.
Courage et vision derrière la chapelle
La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est située sur la rue Saint-Paul, à l’intersection de la rue de Bonsecours, dans le Vieux-Montréal. Mise en chantier en 1655, elle a été reconstruite en 1771, après qu’un incendie eut détruit la première structure en bois. Cependant, son apparence actuelle remonte à la fin du XIXe siècle, à la suite de travaux entrepris entre les années 1885 et 1892, au cours desquelles on lui a ajouté un décor de type néoclassique. C’est la plus ancienne chapelle de pierre sur l’île de Montréal.
Cette chapelle a été construite à l’initiative de sainte Marguerite Bourgeoys (1620-1700), née à Troyes en France. Enseignante et fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, elle est à l’origine de la première communauté de religieuses non cloîtrées en Amérique du Nord.
[Marguerite Bourgeoys] commence la construction de la chapelle de Notre-Dame de Bonsecours, inspirée par la Vierge Marie qui lui avait dit : « Va, je ne t’abandonnerai pas ».[1]
Sur les panneaux d’information situés près du belvédère, on découvre un fait fascinant à propos de Marguerite Bourgeoys, cette femme déterminée, pragmatique, courageuse, visionnaire et dévouée : elle a traversé l’océan Atlantique à sept reprises! Un exploit remarquable, lorsque l’on sait qu’au XVIIe siècle ces traversées, longues et périlleuses, exposaient les voyageurs aux tempêtes, aux maladies, à la promiscuité, au froid, ainsi qu’au manque ou à la mauvaise qualité de la nourriture.
Voyageuse intrépide, Marguerite entreprend son premier voyage à l’âge de 33 ans, en 1653, pour s’établir à Ville-Marie – maintenant Montréal – dans des conditions de vie particulièrement éprouvantes, au point de devoir elle-même soigner plusieurs passagers durant la traversée.
Protectrice du fleuve, elle veille sur les marins
Le port de Montréal gagne en importance au XIXe siècle, et la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours s’impose alors comme un lieu de pèlerinage prisé par les marins, qui s’y rendent depuis des siècles pour remercier la Vierge Marie de les avoir protégés des naufrages. Des navires miniatures suspendus à la voûte de la chapelle témoignent, à la manière d’ex-voto, de la reconnaissance et de la foi des marins envers la Vierge protectrice du fleuve Saint-Laurent.
La messe hebdomadaire à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est célébrée le dimanche à 10h30, en français. Mais cette chapelle est plus qu’un lieu de culte : c’est également un site archéologique d’une importance majeure. On peut notamment y découvrir les vestiges des fondations de la première chapelle, des traces de campements autochtones ainsi que des artéfacts datant de plus de trois mille ans.
Ne tardez pas comme je l’ai fait : allez explorer ce lieu exceptionnel, où la foi et l’histoire de Montréal se rencontrent.
Note :
[1] Diocèse de Montréal, Sainte-Marguerite Bourgeoys. https://www.diocesemontreal.org/fr/archidiocese/histoire/sainte-marguerite-bourgeoys. En ligne. Consulté le 24 mars 2026.
À PROPOS DE MIRIAM CASTRO
Passionnée de voyages et de découvertes culturelles, Miriam choisit de s’établir au Québec. Titulaire d’une formation en administration philanthropique et en gestion de projet à l’HEC Montréal, ainsi que d’une maîtrise en communication de l’UQAM, elle occupe depuis plus de treize ans le poste de directrice générale de la Fondation Père-Ménard. Lorsqu’elle n’est pas en train de courir pour faire sa méditation en mouvement, elle aime lire, regarder des films et des séries ou partager un bon repas avec les gens qu’elle aime.
Les opinions exprimées dans les textes sont celles des auteurs. Elles ne prétendent pas refléter les opinions de la Fondation Père-Ménard. Tous les textes publiés sont protégés par le droit d’auteur.




