De retour d’un voyage humanitaire au Sénégal, Érika, 16 ans, nous livre un témoignage riche en découvertes, en émotions et en prises de conscience. Elle nous partage son expérience marquante au sein d’une petite communauté rurale, où elle a été confrontée aux réalités du terrain et au quotidien des habitants.
Cette expérience a nourri son sens du leadership, en l’amenant à s’impliquer activement pour le bien-être de la communauté, à prendre des initiatives et à s’ouvrir aux autres.
Voici donc le récit inspirant d’une jeune leader humanitaire en devenir :
En mars 2026, j’ai eu la chance de participer à un voyage d’initiation à la coopération internationale au Sénégal. Ce voyage d’une durée de dix-huit jours, organisé par mon école secondaire dans le programme de citoyenneté responsable, a été l’une des expériences les plus marquantes de ma vie, autant sur le plan personnel que culturel.
Depuis le début de notre parcours au secondaire, plusieurs élèves de mon école se préparent à notre dernière année d’étude, qui nous offre la possibilité de réaliser un stage en région, à Montréal ou au Sénégal. Pour ma part, j’ai choisi de m’engager dans un stage outre-mer, car je souhaitais m’ouvrir à d’autres réalités, découvrir une nouvelle culture et m’impliquer concrètement dans une expérience qui, pour moi, est porteuse de sens.
La mission
Mon groupe était composé de vingt jeunes et de trois accompagnateurs. Nous sommes d’abord arrivés dans le village de Babak Serer, où nous avions pour mission de rénover deux classes d’une école primaire. Nous avons sablé, plâtré et peint les murs, et nous avons même laissé une trace de notre passage en y apposant nos empreintes de mains, accompagnées de quelques dessins, afin de rendre les classes plus accueillantes.
Nous avons été hébergés dans différentes familles, qui nous ont accueillis avec le sourire, une grande générosité et beaucoup d’ouverture. Pour ma part, j’ai séjourné chez une mère de famille et ses enfants : j’ai côtoyé une fillette de onze ans, que j’appelais «petite sœur» et deux garçons. Ils m’ont fait découvrir leur culture avec joie et fierté. Par exemple, chaque personne que l’on croisait était saluée chaleureusement, ce qui témoigne d’un vivre-ensemble où le sens de l’accueil et du respect est primordial.
Nos journées débutaient vers 9h par des travaux visant à rénover des classes de l’école primaire, puis nous retournions dans nos familles d’accueil de 13h à 16h pour nous reposer, cette période de la journée étant la plus chaude. Ensuite, la fin de l’après-midi et la soirée étaient consacrées à des activités à la fois culturelles, ludiques et sociales : nous avons, entre autres, pris part à un camp de scouts, visité certains villages et passé de nombreux moments à jouer avec les jeunes enfants de la communauté.

Érika entourée des membres de sa famille d’accueil, de ses amis, ainsi que de l’une des accompagnatrices de son école secondaire.
Les différences et la simplicité du quotidien
Bien sûr, j’ai rencontré certaines difficultés. Au début, lorsque j’ai réellement pris conscience de l’endroit où je me trouvais, je me suis sentie un peu dépaysée, ne sachant pas exactement à quoi m’attendre dans un environnement si différent du mien. L’alimentation a également représenté un défi, surtout dans les premiers jours, puisque les repas étaient souvent les mêmes, matin et soir, selon les familles. Cependant, une fois la période d’adaptation passée, cela n’était plus un problème.
J’ai souvent mangé du poisson avec du riz, un plat qu’on appelle du thiéboudiène. Quelques fois du poulet yassa, où la viande est marinée, puis grillée, et ensuite mijotée dans une sauce aux oignons et au citron. Ce sont deux plats traditionnels du Sénégal. Les gens boivent du jus fait à partir du fruit du baobab que l’on nomme «pain de singe» ainsi que du thé concocté avec des feuilles de bissap.
Les rencontres faites durant ce voyage m’ont permis de mieux comprendre les différences, mais aussi les ressemblances entre les cultures québécoises et sénégalaises. Ce qui m’a le plus marquée de mon séjour, c’est de constater à quel point, au Sénégal, le quotidien des habitants est simple. Les aînés se retrouvent souvent entre eux pour discuter ou jouer au soccer. Quant aux plus jeunes, ils se déplacent dans le quartier et jouent ensemble, souvent avec des ballons. Les activités sont peu variées, mais offrent tout de même aux enfants des occasions de se retrouver : ma «petite sœur», par exemple, participait à un camp de scouts.
La richesse du cœur
La richesse dans les pays africains est souvent limitée, et pourtant on y trouve une grande joie de vivre ainsi qu’un profond bonheur. Si, à mon retour, j’ai pris conscience de l’abondance monétaire et matérielle dont nous bénéficions au Canada, j’ai surtout mesuré la valeur des liens humains et de la simplicité du quotidien telle que je l’ai vécue au Sénégal, et que j’ai depuis appris à apprécier davantage.
À seulement 16 ans, je me considère très chanceuse d’avoir pu vivre cette expérience humanitaire. Si cela m’était possible, je referais un tel voyage chaque année afin d’en ressortir toujours plus grandie et reconnaissante. J’encourage toute personne ayant la chance de participer à ce type d’expérience à le faire sans hésitation.
Apprendre à connaître une autre culture, s’adapter à la réalité des habitants tout en leur apportant un soutien concret, notamment à travers la rénovation des classes d’une école primaire, a été une expérience profondément enrichissante pour moi. Ce voyage a également confirmé mon choix de carrière : je souhaite devenir infirmière. Il m’a permis de prendre conscience de l’importance d’aider les autres, de faire preuve d’ouverture d’esprit et de s’engager activement auprès des communautés.
À PROPOS D’ÉRIKA BRISSON
Érika est une finissante du secondaire à La Baie, curieuse et ouverte d’esprit. Elle s’intéresse aux cultures différentes de la sienne et aime découvrir de nouvelles façons de penser. Cette ouverture lui permet de mieux comprendre le monde qui l’entoure et d’enrichir sa propre vision.
Les opinions exprimées dans les textes sont celles des auteurs. Elles ne prétendent pas refléter les opinions de la Fondation Père-Ménard. Tous les textes publiés sont protégés par le droit d’auteur.



