Ravive en toi l'espérance

François d’Assise, artisan de paix

Christian Rodembourg

Par Christian Rodembourg

Ravive en toi l'espérance

24 décembre 2025

Crédit photo : Sandi Mager / Unsplash

Jeune, issu d’une famille aisée, François d’Assise, fort d’un cœur noble et chevaleresque avait la rage de vivre. Poussé par ses passions, il frappait son entourage par ses désirs mondains et les honneurs du champ de bataille.

Cependant vint le moment où il traversa un temps de tristesse, de mélancolie, de recherche de sens pour sa vie. Ce fut l’heure de Dieu : l’heure des vrais enjeux, des questions de sens inévitables en vue d’une vie humaine et chrétienne épanouie.

Qui suis-je? Pourquoi je vis? Que faire de ma vie sur cette terre? Ce fut à la fois, un temps de nuit obscure et la porte d’entrée d’un nouveau chemin de vie.

Par sa rencontre avec les lépreux, François d’Assise va entrer définitivement dans «son» chemin de croissance humaine et spirituelle. Il prend le risque d’oser la rencontre :

 

Il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fis miséricorde avec eux. Et en m’en allant de chez eux, ce qui me semblait amer fut changé pour moi en douceur de l’esprit et du corps[1].

 

Dans la profondeur de cette rencontre, François d’Assise touchera la joie véritable. Ce fut la pierre angulaire de son engagement sur les pas du Christ.

Chaque être humain n’a-t-il pas ses lépreux à croiser sur la route de la vie? N’a-t-il pas à reconnaître le lépreux qui demeure en lui-même?

Par la suite, François d’Assise sera conduit jusqu’au pied de la croix de saint Damien où il entendra l’appel de Dieu l’invitant à restaurer son Église. Si initialement il perçut que le Seigneur lui demanda de reconstruire la petite église de pierres, progressivement, il saisira que la mission visait la restauration des cœurs, des personnes, des hommes et des femmes qui forment la communauté ecclésiale.

François d’Assise, homme de l’Évangile, fidèle à l’Église, marque ainsi l’histoire de l’Église jusqu’à nos jours.

Jamais, je ne crois qu’un homme n’a été aussi joyeux que le Poverello d’Assise. À la source de cette joie, il y a uniquement la Parole de Dieu, l’Évangile. Sa règle de vie n’aura qu’un nom, Jésus-Christ : Vivre en obéissance, en chasteté et sans rien en propre, et suivre l’enseignement et les traces de notre Seigneur Jésus-Christ[2].

Sa joie se gravera dans cette Parole de Dieu telle que l’Église la donne chaque jour dans la liturgie. Sa joie s’enracinera aussi dans une vie de pauvreté et de partage. Il accueillera la création comme son frère ou sa sœur : le soleil, la lune, les étoiles, le vent, les précipitations, l’eau, le feu, le froid, la mort.

 

C’est dans et par sa relation à Dieu et au monde que François d’Assise, homme de louange, marque l’histoire de l’Église. En méditant le Cantique de frère soleil, l’univers, la nature et la famille humaine participent selon lui d’une même création.

 

Tout au long de sa vie, François d’Assise conservera un lien étroit entre sa relation à Dieu – par une prière intense – et sa relation aux humains – par un cœur ouvert au monde de son temps – manifestant une attention particulière envers la création de Dieu ainsi qu’envers les pauvres et les abandonnés[3].

En François d’Assise, puisons notre inspiration autant dans sa préoccupation pour la nature, la justice envers les pauvres, que dans l’engagement pour la société et la paix intérieure[4].

Sa joie s’est aussi nourrie de la vie fraternelle avec ses frères et sœurs reçus de Dieu bien que tout ne fut pas aisé dans son expérience communautaire. Il craignait pour l’avenir de la communauté tout en sachant fort bien qu’elle ne lui appartînt pas.

Fidèle à l’Écriturecar jamais la Parole de Dieu ne le quitteraFrançois d’Assise qui se disait ignorant et sans érudition nous propose de reconnaître la nature comme un splendide livre dans lequel Dieu nous parle et nous révèle quelque chose de sa beauté et de sa bonté[5].

Souvenons-nous, toujours, que l’amour est un feu qui ne s’éteint pas à la condition qu’il soit entretenu, jour après jour, par des paroles et par des gestes significatifs, simples et concrets.

Sagesse, simplicité, pauvreté, humilité, charité et obéissance sont des vertus qui guideront toute la vie de François d’Assise :

 

Où est charité et sagesse, là ni crainte ni ignorance.

Où est patience et humilité, là ni colère ni trouble.

Où est pauvreté avec allégresse, là ni cupidité ni avarice.

Où est quiétude et méditation, là ni souci ni errance.

Où est la crainte du Seigneur pour garder son foyer, là l’ennemi ne peut trouver place pour entrer.

Où est miséricorde et discernement, là ni récrimination ni endurcissement[6].

 

Notes :

 

[1] Testament, Sources franciscaines, Édition du VIIIe centenaire, p. 308.

[2] Règle et vie des frères (1 Reg) 1, 1 – 2, Sources franciscaines, édition du VIIIe centenaire, p.190.

[3] Pape François, Loué sois-tu, no. 10.

[4] Ibid. no. 10.

[5] Ibid. no. 12.

[6] Admonitions, XXVII, 1 à 6.

 

À PROPOS DE CHRISTIAN RODEMBOURG

Évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe et membre du Bureau de direction de la Conférence des évêques du Canada, Mgr Christian est un homme de terrain qui aime aller à la rencontre de l’autre dans le concret de la vie quotidienne, pour vivre la mission pastorale en équipe, femmes et hommes, laïcs et prêtres, et grandir tous ensemble en humanité et en spiritualité.

 

Les opinions exprimées dans les textes sont celles des auteurs. Elles ne prétendent pas refléter les opinions de la Fondation Père-Ménard. Tous les textes publiés sont protégés par le droit d’auteur.

 

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